Louer son temps

3 07 2008

Le temps étant une ressource rare, gagner sa vie à le louer, peut sembler limité en terme de perspectives. Je ne le pense pas. Je pense qu’il y a un niveau de revenu, qui varie d’une personne à l’autre, avec lequel on peut être bien dans sa vie et bien dans sa peau. Honnêtement, est ce que l’eau est plus bonne quand les robinets sont en or ? Est ce qu’on dort plus lorsqu’on a 2 chambres à coucher ? Est ce qu’on vit plus longtemps en mangeant chaque jour du caviar ?

Tout ça pour dire, qu’avec tout l’argent du monde, on n’est pas forcément plus heureux. Un autre constat intéressant, c’est que, les “chanceux” qui vivent de leur capital, vont, très souvent, investir plus de temps dans la gestion de ce capital que n’en investissent ceux qui travaillent contre un salaire.

Il y a aussi que ce qu’on retire d’un travail, ne se limite pas nécessairement au salaire qu’on en perçoit. Pour le travail, 2 autres satisfactions très importantes sont la reconnaissance des autres et l’auto-satisfaction.

La reconnaissance des autres s’exprime de différentes manières. Il y a d’abord, les expressions de sympathie, d’admiration qu’on reçoit ou qu’on perçoit et qui sont à mon avis très importantes. Voire la reconnaissance d’un mère quand on vient de sauver son fils, être désigné par ses collègues comme expert/référence, voire la qualité de sa cuisine reconnue par ses clients,… sont tant de petites choses qui donnent un sens à la vie et la rendent plus agréable parce que, fondamentalement, on a besoin du regard de l’autre.

L’auto-satisfaction elle naitra de la connaissance qu’on a de ses propres limites et du constat de les avoir dépassées. Avoir chaque jour des défis nouveaux à relever et y parvenir vaut tout l’or du monde.

Le vrai problème du travail ne vient pas du fait d’avoir à louer son temps, au contraire, à biens des égards, louer son temps, dans la mesure où ça limite le temps que tu peux investir à travailler, peut même être un avantage. Ce qui peut par contre rendre le travail pénible c’est :

  • d’avoir, pour ce travail un revenu insatisfaisant,
  • que le mérite de ce travail ne puisse pas être reconnu ou communiqué ou ressenti par celui qui le fait,
  • que le travail ne permette pas de se dépasser et se limite à des tâches routinières, ou sans intérêts particuliers,

Le problème, c’est que ces 3 points, sans être particulièrement difficiles à assurer pour ses employés, ne font pas toujours partie des priorités d’un employeur…





Comment gagner sa vie ?

27 06 2008

Question fondamentale, “comment gagner sa vie ?” mérite bien 5 mn de réflexion.

L’activité humaine est basé sur l’échange. Fondamentalement, c’est par l’échange que nous gagnos tous notre vie. Les plus chanceux d’entre nous, sont des rentiers, ils ont une fortune qu’il confient par exemple à une banque et vivent des fruits de cet échange. Toujours est-il que l’échange, fait intervenir nécessairement 2 ressources, l’une qui est donnée, et l’autre qui est reçue.

Dans cette notion de ressource, on peut distinguer les ressources finies et les ressources infinies. Prenons un cadre qui travaille dans une grande boite et qui gagne bien sa vie. Chaque jour, il passe 8 heures au travail et à la fin de chaque mois, il perçoit un salaire. Celà signifie qu’il donne à cette boite son temps (qu’elle va exploiter d’une certaine manière compte tenu de ses objectifs) en échange d’une paie. Le temps fait partie des ressources finies. En gros, ce cadre ne peut pas travailler 2 fois plus longtemps pour gagner 2 fois mieux sa vie, toujours en faisant le même travail. Il est obligé d’attendre que quelqu’un soit en mesure de payer plus pour le temps qu’il a à offrir. Par contre, ce qu”il reçoit en retour, l’argent, est une ressource infinie !

A l’opposé, prenons un écrivain. Un écrivain peut mettre une semaine pour écrire un livre. Il peut ensuite passer toute sa vie à vivre des ventes de ce livre. En gros, écrire, ne lui rapporte rien : c’est un investissement. C’est la vente du livre qui elle va lui rapporter de l’argent, et qui, ceci est magique, ne lui demande pas du temps. Ce que cet auteur fait, c’est qu’il va créer un capital : le livre, et vivre ensuite du revenu de ce capital. Tout son temps est à lui et il peut en faire ce qu’il veut. Le livre quand à lui peut être édité en autant d’exemplaires que nécessaire, à l’infini, et c’est d’autres personnes qui vont s’occuper de tout ça. Ce qui est vrai pour le livre est également vrai pour le logiciel et tout ce qui est simplement reproductible à l’infini.

Donc plus simplement, on peut dire qu’il y a 2 manières de gagner sa vie. La première consiste à louer son temps, et la deuxième consiste à vivre de son capital. C’est ce qu’on appelle “Capitalisme“.

Gagner sa vie à louer son temps, est une manière de gagner sa vie. Le capital est quant à lui beaucoup plus passionnant. A un certain moment, le capital c’était la terre. Ensuite c’est devenu l’argent. Aujourd’hui le vrai capital, c’est ce qui est immatériel ! Logiciel, musique, image sont tous des biens reproductibles à l’infini et à des coûts dérisoires en comparaison avec les prix auxquels ils sont vendus. Patrick Hernandez est millionnaire grâce à une seule chanson qu’il a sortie en 1978 ! Une seule ! Et il n’a jamais travaillé 8 heures d’affilé dans toute sa vie. Avouez qu’il y a de quoi se flinguer ! Tout le monde n’a pas la chance de Patrick Hernandez. Je suis d’accord sur ce point. Mais dans ceux qui vivent de la musique, est ce qu’il y a plus de gens qui vivent dans des villas avc piscine ou plus de gens qui louent des studio ?

Moi ce qui m’empêche de dormir le soir c’est la piscine. Maintenant que j’ai compris mon problème, reste à trouver la solution…